L’économie fondée sur le savoir.
Notre attention se concentre plus particulièrement la question de la progression du savoir grâce au partage des connaissances, et l’impact qui en résulte en particulier sur l’innovation.
Un document spécial est consacré dans le rapport à l’économie fondée sur le savoir. Il souligne la montée en puissance des TICs comme instrument de connaissance par le fait qu’elles constituent en elles-mêmes un ensemble d’outils de production des savoirs de plus en plus efficients. Elles permettent la montée en puissance des interactions créatrices entre, par exemple, les concepteurs de produit, les fournisseurs et les clients finaux.
Le rapport explique en détail qu’une tâche de création intellectuelle ou de développement dépend fondamentalement de « l’existence d’un stock de connaissances librement accessibles» et que c’est un point de passage obligatoire.
« Cette collection de connaissances communes fournit les briques et les éléments des nouvelles inventions, innovations, normes et standards et permet d’élever la rentabilité privée des investissements de R&D, d’innovation et de coordination. L’efficience des processus d’innovation est fondamentalement dépendante de ce domaine de connaissances et d’informations «publiques ».
La disponibilité d’une telle base de connaissances publiques permet le développement de communautés d’acteurs qui partageant leurs connaissances sont à la fois innovateurs et usagers.
« Dans ces communautés, les usagers conçoivent et construisent des produits innovants pour leur propre usage, partagent leur savoir avec d’autres, les autres reproduisent l’innovation, l’améliorent et la diffusent à leur tour. Ces systèmes d’innovation, uniquement composés d’usagers, peuvent sous certaines conditions, concurrencer les systèmes de production et distribution commerciales. Ils sont remarquablement illustrés par le mouvement des logiciels libres. Dans ces communautés, de multiples sources potentielles d’innovation sont activées et chaque membre de la communauté peut en bénéficier. Si cette condition n’était pas remplie, chaque usager serait dans l’obligation d’assurer lui-même l’ensemble des perfectionnements qu’il souhaite, ce qui accroîtrait considérablement le coût global au niveau du système et ne donnerait à celui-ci aucune chance de subsister face aux solutions «moyennes» (à peu près bonnes pour tout le monde) et peu coûteuses, proposées par les systèmes commerciaux. Le partage et la circulation de l’innovation sont donc essentiels pour garantir au système un minimum d’efficacité »
La réussite suppose que les membres adhérent à plusieurs valeurs, considérant notamment que le partage dela connaissance:
• permet d’accroître la réputation de celui qui innove ;
• permet de créer des obligations envers celui qui a innové (réciprocité) ;
• augmente la diffusion de la solution considérée.
Les auteurs du rapport énonce cette conclusion importante: la volonté d’innovation dépend d’abord de la capacité à constituer ou adapter « des espaces d’actions collectives pour la production des savoirs ».
Pour qu’une communauté d’usagers fonctionne, trois conditions doivent être satisfaites qui se rapprochent des conditions énoncées pour qu’une EFS émerge :
• un nombre significatif d’usagers est motivé par l’innovation(capital humain et autres investissements en connaissance) ;
• les innovateurs acceptent de révéler le contenu des nouveautés apportées (spillovers) ;
• le coût de la diffusion de l’innovation reste à un niveau très faible (usage des TICs).
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