La veille active des entreprises

Intelligence économique: veille, outils, méthodes et contributeurs

L’actualité nous apporte plusieurs articles sur le thème de l’intelligence économique et leurs commentaires sur lesquels Activeille réagit à travers ces quelques lignes.

Tout d’abord un article de JDN Solutions sur le thème “L’informatique au cÅ“ur de la démarche d’intelligence économique” qui fournit des éléments de réflexion intéressants.
Le secrétaire de la Fépie rappelle que l’intelligence économique a pour composantes essentielles “la protection et l’enregistrement du savoir-faire de l’entreprise, la capacité de détection des opportunités et des menaces, et la conduite des stratégies d’influence et de diffusion de l’information”.
Il convient de rapprocher cette formulation de la définition donnée dans le référentiel de formation en intelligence économique, réalisé sous la conduite d’Alain Juillet, “L’intelligence économique consiste en la maîtrise et la protection de l’information stratégique pour tout acteur économique. Elle a pour triple finalité la compétitivité du tissu industriel, la sécurité de l’économie et le renforcement de l’influence de notre pays”.
Jusqu’à un passé récent la définition de référence était celle du rapport Martre:”ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement, de distribution et de protection de l’information utile aux acteurs économiques obtenue légalement”.
Jean Artuis, quand il était ministre de l’économie, avait proposé une formulation plus orientée vers l’action: “«L’intelligence économique ne se résume pas à la simple collecte, au traitement et à la diffusion de l’information utile au développement de l’organisme qui la détient. Elle englobe la définition de la stratégie déterminée par la connaissance de l’information pertinente et la mise en Å“uvre-même de cette stratégie.»
En clair: l’information n’a de sens que si elle sert à quelque chose, élaborer une stratégie et ne pas la faire fonctionner n’a pas de sens.
La définition donnée dans le référentiel de formation insiste dans la même direction. Elle place résolument l’intelligence économique comme une démarche permettant à l’entreprise de progresser à travers des méthodes et des outils précis. C’est le sens des multiples efforts et actions développés par le cellule autour d’Alain Juillet depuis deux ans. Cela correspond aux attentes des entreprises plus désireuses d’actions que d’explications, pour autant qu’elles soient aidées à mettre leurs actions en perspective.

La deuxième obervation porte sur les outils et les méthodes. Dans le dossier du JDN Solutions on peut lire “La démarche d’intelligence économique ne se limite pas aux outils de veille“, “Une démarche d’intelligence économique implique la mise en place de différents outils“, “Il faut interdire l’accès aux messageries de type webmails“… Mais on lit également: “La démarche d’intelligence économique (…) doit être partagée par l’ensemble des membres et services de l’entreprise“, “Les démarches d’intelligence économique et de knowledge management se recouvrent”, “L’intelligence économique est d’abord une affaire de culture managériale“.

En effet les entreprises sont confrontées à ces problèmes d’outils et de méthodes. Mais notre expérience d’intervention en entreprises montre que celles qui réussissent à progresser en terme de nouveaux outils et nouvelles méthodes sont celles qui parviennent à impliquer les hommes dans la démarche. A trop focaliser sur le choix d’outils et de méthodes (si possible très tendance…) on risque d’entraîner l’entreprise (surtout si c’est une petite structure) dans des orientations qu’elle ne parvient pas à maîtriser et qui sont parfois éloignées de ses préoccupations réelles.
Souvent je recommande d’user et d’abuser du rapport d’étonnement, dans une déclinaison personnalisée qui permettra une forte implication des acteurs. Evidemment c’est un peu ringard mais c’est terriblement efficace. On peut aussi conseiller de mettre en place des FAQ, outils également simples qui favorisent la contribution des acteurs et permettent de développer le groupe de partage des connaissances, indispensable à la réussite d’un projet d’intelligence économique.
On pourra lire cet article, qui analyse les raisons d’échec et formule la conclusion “Les projets de management des connaissances qui se concentrent sur la technologie aboutissent à un échec“. Et pourtant, constate l’auteur, même après une première désillusion, on recommence dans la même voie. Parmi les raisons il évoque le fait que lorsqu’on achète un outil on sait ce qu’on va avoir (encore que…) alors qu’investir dans le relationnel et le comportemental est difficile à mesurer.

Autres liens récents à consulter:
Le dossier Activeille sur l’intelligence économique
Externaliser sa veille : premier pas vers l’intelligence économique ?
Intelligence économique et Internet


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