Une stratégie PME pour la France
Une série d’initiatives récentes de la part des pouvoirs publics semblent révéler une prise de conscience de la contribution du tissu de la PME à la performance économique globale. Le rapport « Une stratégie PME pour la France » en est une bonne illustration, même si certains diront « encore un rapport… ».
Les gazelles, ces 2 000 PME (sur 1,2 million de PME) qui croissent deux à trois fois plus vite que la moyenne des PME et qui sont à l’origine de plus de la moitié des créations nettes d’emplois par les PME, ont une rentabilité inférieure d’un tiers à celle de leurs homologues étrangers, notamment outre-atlantique, en raison d’obstacles structurels spécifiques à notre économie. De ce fait, elles plafonnent plus tôt, sont de plus petite taille et sont moins nombreuses que leurs homologues étrangers. Afin de mieux valoriser ce potentiel sous-exploité, le rapport propose de traiter certaines rigidités plus générales du marché français et de prendre des mesures spécifiquement ciblées sur les PME.
La France connaît un déficit d’entreprises de taille moyenne, comptant de 50 à 500 salariés, dont il découle un nombre insuffisant de mini-groupes français ayant de 500 à 3 000 salariés. Ces entreprises qui nous manquent, ce sont les gazelles.
A côté des gazelles le rapport invite à découvrir les éléphants et les souris. Les éléphants sont les grandes entreprises et les souris les TPE – très petites entreprises (0 à 20 salariés). Le rapport souligne qu’elles ne croissent pas et que, par la nature de leur activité ou de leur positionnement, elles ne créent pas d’emplois de manière significative. Cette conclusion qui s’appuie sans doute sur des statistiques sur une longue durée (l’enquête a porté sur la période 1993 – 2003) nous paraît lisser les tendances microscopiques que nous observons sur le terrain de la TPE. Les difficultés sont certes là mais les dynamismes également et conclure que la moyenne est neutre est une vision qui ne colle pas bien à la réalité.
Un chiffre intéressant à noter : « Tandis que les grandes entreprises liées à des groupes ont détruit 263 000 emplois entre 1985 et 2000, ce sont les unités de moins de 500 salariés qui ont créé près de 1,8 million d’emplois ».
Dans le plan d’action:
Accélérer la croissance des PME par l’instauration d’un guichet unique de la PME pour l’économique et le fiscal.
Restaurer la profitabilité:
La première mesure proposée est la réduction des délais de paiement de la sphère publique, des grandes entreprises et des distributeurs. Selon les auteurs, l’alignement des retards de paiement
de l’État au niveau de celui des entreprises permettrait une hausse d’environ 2 % du résultat net des PME.
La seconde mesure proposée consiste à fixer un taux d’impôts sur les sociétés de 18 % sur le premier million de bénéfice imposable dans la limite de 5 % du chiffre d’affaires, avec 100 000 euros de bénéfice imposable à 18 % sans condition de chiffre d‘affaires.
La troisième mesure est le remplacement des aides au financement à effet de seuil par des aides dégressives.
Encore un rapport… Mais celui-là venant après les autres il finira bien, dans le pire des cas, par en sortir quelque chose que les PME reconnaissent comme une aide sérieuse et un support à leurs efforts.
Le rapport complet paraître en juillet. Un résumé est disponible dès maintenant.
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